Et qui seront pharmaciens…

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A l’heure où  tombent les résultats scolaires ou universitaires,   je ne sais si je dois rire ou pleurer devant certaines coïncidences.

Je me souviens de ce garçon qui étudiait la psychologie avec moi et qui était fasciné par mon fiancé informaticien.   Il cachait son admiration sous un mépris de façade.   J’ai perdu ce condisciple de vue depuis de longues années et c’est par hasard que j’ai fait la connaissance de son fils unique,   Sébastien,   un gaillard de 25 ans,  très imbu de sa personne et …  informaticien…

Le phénomène inverse,  moins connu – enfin presque –  se retrouve également.    Elisabeth ne sera pas pharmacienne parce que maman l’est et voudrait qu’elle reprenne la pharmacie familiale…    Elle sera vendeuse de vêtements dans une boutique,  fashionista,  parce que maman,  eh bien maman ne l’est pas. Maman est petite, râblée et mal fagotée.   Papa ne la regarde plus depuis longtemps …   Maman a raté sa vie et son couple en se concentrant sur ses études et sa profession. Elisabeth  ne veut pas cela,  elle veut profiter de la vie,  s’éclater,  ne pas pâlir sur les bouquins,  mais voyager,   bronzer en se servant de l’argent que maman a amassé en sacrifiant son plaisir et en faisant de son enfance un enfer…

Sébastien est devenu informaticien parce c’était ce que papa voulait pour lui,   Elisabeth est devenue vendeuse pour ne pas être comme maman qu’elle voyait malheureuse.    L’un et l’autre ont cherché le bonheur,   l’un en se soumettant au souhait paternel,  l’autre en s’ y opposant.

Pourtant c’est tellement confortable parfois d’avoir un modèle qu’il suffit de suivre.    Je me souviens de mon fils de huit ans à qui l’on demandait : « Et qu’est-ce que tu feras plus tard ? ». Il  répondait  avec assurance :  « Je ferai comme mon papa ! ».    Certains poussaient le vice jusqu’à lui demander : « Et il fait quoi ton papa ? ».   Alors,  très fier,  il rétorquait : « Je ne sais pas  » ….     Marcher dans les pas de papa ou maman,   ou suivre leur désir,   est une option confortable quand la relation est bonne.    Lorsqu’elle est mauvaise,   tout se gâte…

 

Si la plupart des parents ont pour souhait de voir leur enfant les dépasser tel n’est pas toujours le cas.    Mon père était ouvrier et ma mère femme d’ouvrages.   Lorsque je me suis révélée un crack aux  études,   ils l’ont très mal pris.    Pour la façade ils  se disaient fiers,  mais quand les tentures étaient tirées,  les remarques acerbes pleuvaient.    Ils n’avaient de cesse de me casser.    Leur ego était en danger.     Ils n’étaient pas les seuls dans le cas.    Il est bien connu que Yehudi Menuhin ne supportait pas le talent de son fils…

Bien sûr tout n’est pas la « faute » des parents.   Encore s’agit-il de se trouver,  de partir à la découverte de soi-même.    Je me souviens  avoir vu le notaire Mariage, auprès de qui j’ai conclu un acte d’achat,  se lamenter à propos de son fils Benoît,  qui après avoir fait le droit avait, disait-il,  jeté son diplôme sur le bureau de son père en lui disant : « Voilà,  tu es content ?  Maintenant je ferai ce que je veux de ma vie ! « Heureux était-il de le savoir et d’en avoir la possibilité.    Tant sont dans l’interrogation,  l’angoisse.    Personnellement,  je ne cherchais qu’à comprendre,  aussi ai-je opté pour la psychologie.

Plus tard je serai….    Telle est la question !    Encore faut-il que nos aspirations rencontrent celles de la société pour ceux qui ne sont pas nés dans un berceau doré…

Les vocations artistiques ne peuvent parfois se réaliser qu’à l’âge mûr,  lorsqu’on a acquis l’indépendance matérielle.    Mais la société, atteinte de jeunisme,  ne s’intéresse pas à ces vieux de la vieille qu’elle met au rebut une fois dépassée la quarantaine…

La réflexion est illimitée,  chaque histoire est différente.   Ceci n’est qu’un petit  échantillon que je vous livre.  Et je suis bien consciente que la majorité d’entre nous travaillent pour vivre et non pour se réaliser.

 

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Une réflexion au sujet de « Et qui seront pharmaciens… »

  1. Il est typique d’agir en fonction de nos parents, que l’on estime avoir réussi ou pas, et donc être des exemples à suivre ou surtout pas, surtout pas ça. Ou alors on leur offre leur revanche, comme la jolie fille qui devient reine de beauté parce que maman a toujours souffert d’être moche… C’est toujours l’exemple parental qui est le point de départ. On est bien dans leur histoire ou pas. On veut la reproduire ou pas. Ou on s’efforce d’être comme papa ou comme maman, oubliant que nous sommes un/une autre…

    Un sale petit jeu, souvent!

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